Richard Woffenden, mon 2ème mari....

Mike Speelman

Mike Speelman, qui détient un baccalauréat de l'Université des arts d'Arizona, est un historien indépendant résidant à Tucson. Il est l'auteur de photos historiques de Tucson (2007), publiées par Turner Publishing et rééditées en livre de poche comme souvenir Tucson (2010). 
Le document de Mike Speelman  a été publié et vous pouvez en faire l'acquisition (lien sur la photo du document)
Dans "The Journal of Arizona History (Summer 2015)" Mike Speelman, retrace la vie d'Anna Charouleau, ses démêlés avec son 2ème mari Richard Woffenden, et son combat pour faire reconnaître ses droits de femme mariée face  au concept de la "common law anglaise" qui donnait le contrôle absolu du mari sur  les biens réels et personnels de sa femme et sur les bénéfices qu'ils produisaient. Les procès intentés par Richard Woffenden contre son épouse ont duré plusieurs années, mais au final, Anna a réussi à faire valoir ses droits de propriété et cela a  eu pour effet de former une jurisprudence concernant le droit des femmes aux USA...


Richard Woffenden

Mon 2ème mari, Richard Woffenden est né en Angleterre. Il était le  fils de Richard et Lizzie Woffenden. Il a apparemment vécu à Sacramento, en Californie, pendant la majeure partie des années 1850, peut-être y est-il arrivé dans la foulée de la ruée vers l'or.
En 1860, il résidait dans Table Bluff, canton de Humboldt County, en Californie où il a semé le blé et les pommes de terre sur douze acres (48 ha)  de sa ferme de 200 acres (809 ha). Le terrain a été évalué à 2.000 $. (31604€ actuels).
À l'âge de quarante-huit ans, en mai 1863, il  est enrôlé comme soldat dans la compagnie A du 1er Bataillon alpin de  Californie (infanterie de bénévoles). Le bataillon était chargé essentiellement de réprimer les incursions des tribus indiennes locales dans le nord-ouest de la Californie.
En Juin, de la même année, il épouse Martha Powell. Je  ne sais pas combien de temps a duré ce mariage, ni pourquoi il a fini.
Il arriva dans  un port mexicain, sur le bateau à vapeur Continental, en Janvier 1870, peut-être était-il sur le chemin qui finalement le conduit à Tucson ?

Il n’apparait pas toutefois pas dans le recensement Tucson 1870, mais on peut dire qu'il y est arrivé en Janvier 1872, quand il a établi deux hypothèques sur des prêts consentis à  Mariano Molino et de  son épouse.
Il possédait  "une fortune confortable: en Juin 1872, il a prêté 1600 $ (25 300€ actuels) au « Village Council » (Conseil Municipal) nouvellement formé à Tucson.
Ce même mois, il a déclaré son intention de devenir citoyen américain (il prêtera serment un an plus tard).
En Juillet, il achète  trente lots en ville.....
 En Octobre, le Conseil lui a remboursé 1 724 $ (27254€ actuels) sur son prêt souscrit plus tôt.
Ce même mois, en tant que membre du Parti populaire, il échoue dans sa tentative de devenir juge de  paix. (Dans l'état de l'Arizona, les juges de la Cour suprême dans les comtés ayant des populations inférieures à 250 000 habitants, sont les seuls juges qui peuvent être élus directement par les électeurs.)
En Décembre 1873, il a été intronisé et membre de la Société littéraire formée à Tucson. Il possédait à la fois fortune et culture... tout pour me plaire.

Mon mariage avec Richard

Le 4 Août 1872, j'épouse Richard Woffenden lors d'une cérémonie dans la Cathédrale San Agustin de Tucson.

J'avais alors près de soixante ans, .
Richard, était âgé d'environ 57 ans. 

Après notre mariage, nous avons  continué à développer nos intérêts et acquisitions d'entreprises, terrains,  chacun de son côté. 

La rupture

Il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre que ce mariage allait vers la rupture. En effet, quelques mois plus tard, en Février 1873, elle était apparente. 
Mais, au lieu d'un divorce, nous avons établi un acte en déclarant que «les différents malheureux qui ont surgi entre nous,  ne subsisteraient plus...  et que pour cette raison, nous avons  convenu de vivre séparément et indépendamment  l’un de l’autre ».

Richard m'a promis qu'il n’exercerait pas "de pouvoir, ni des pressions, ni d’obligations, de ne pas faire preuve d'autorité sur moi, ni de me molester ou me  déranger dans ma manière de vivre." Enfin, il a renoncé à tout droit et titre sur mes  propriétés réelles et personnelles, présentes et futures. 

J'ai de mon côté fait des promesses semblables concernant les biens réels et personnels de mon mari. 

La "coverture" maritale

Tant que l'accord a tenu, le principe de "coverture" un concept de la common law anglaise qui a donné le contrôle absolu du mari sur biens réels et personnels de sa femme et les bénéfices qu'ils produisent, est  suspendu.
La « coverture maritale » est une doctrine juridique archaïque  par laquelle, au moment du mariage, les droits et obligations juridiques d'une femme sont été englobés dans ceux de son mari, en conformité avec le statut juridique de la femme de feme covert (mariée). A contrario, une femme célibataire, une femme seule, avait le droit de posséder des biens et conclure des contrats en son nom propre.