Ma vie en amérique du sud  - Michel ARTIGUE

En route vers Lima 

J'embarque donc avec mon mari Michel,  pour le Pérou, sur le navire Le Chili le 7 juillet 1849.

Le canal de Panama n’étant opérationnel qu’à partir de 1914, le passage obligé était par le Cap Horn et la « terre de feu »  pour accoster au port de Lima, El Callao.

C’est la porte d’entrée maritime du Pérou, quatrième puissance économique d’Amérique du Sud, et constitue l’infrastructure portuaire la plus importante de la côte pacifique sud-américaine.

Le port de El Callao  est fondé en 1537, deux ans après Lima, et devient aussitôt le principal port espagnol de commerce dans le Pacifique. 




Le voyage maritime dure plusieurs semaines (2 mois environ)


Michel Artigue

Pascal Riviale (historien, spécialiste de l'histoire culturelle au Pérou), indique que "c’est au milieu du XIXe siècle que l’on observe le réel développement de l’émigration à destination du Pérou. Alors que les activités économiques étaient restées jusqu’alors relativement restreintes et n’avaient attiré qu’une petite frange de négociants et d’aventuriers, les importantes rentrées d’argent générées par l’exportation du guano à partir des années 1830-40, puis des nitrates, vont entraîner d’importants bouleversements dans l’économie et la  société péruvienne.... Cette forte dynamique économique va en l’espace de quelques décennies motiver une immigration importante, notamment d’Européens venant proposer leurs services ou y chercher fortune." 

C'est dans ce contexte que Michel en tant que négociant a souhaité émigrer au Pérou. Il a été le déclencheur des recherches faites par M. Pascal Riviale sur l’archéologie au Pérou.
En effet, c’est  suite à la découverte en 1984, d’une  lettre, alors que Pascal Riviale  procédait à l'inventaire des collections amérindiennes du Muséum d'Histoire naturelle de Toulouse, que remonte son intérêt pour l'histoire de l'archéologie précolombienne. Il s’est alors interrogé sur les motivations ayant poussé un négociant, tel que Michel Artigue, à prendre l'initiative et la peine de profiter d'un séjour en France pour remettre à un musée de sa région natale une série d'antiquités du Pérou dont il n'avait, autrement, vraisemblablement que faire. On peut aujoird'hui voir la collection de Michel Artigue au Muséum d'histoire naturelle de Toulouse. 

Lettre de Michel Artigue au Maire De Toulouse




Puis il retourne au Pérou, où il s'établit au sud du pays.  En 1861 il apparaît dans un acte notarié dressé dans cette ville : on lui donne pouvoir pour représenter la maison commerciale "Devès frères"; on le présente alors comme ayant 36 ans et célibataire! En fait, nous vivions et faisions nos affaires chacun de son côté. Cela montre mon côté femme libérée et indépendante.....
En 1866 il apparaît dans un recensement des étrangers du département de Moquegua: il habite à Tacna, au 355 de la calle Industria; il a 40 ans, déclare 16 années de résidence dans cette ville ; il s'y est établi, en 1849, il dit être commerçant et...veuf!
Dans un autre acte notarié dressé à Tacna le 6 juillet 1866 il se dit marié. Enfin, dans un dernier acte notarié dressé à Lima le 22 juillet 1870, il se dit célibataire....
Il est aussi membre fondateur de la Société française de Bienfaisance de Tacna et Arica fondée le 1er octobre 1866. 
En fin d'année 1869, Michel alors âgé de 44 ans décède probablement emporté par la fièvre jaune qui sévissait dans le pays.
Cette année là, j'appelle mon neveu Pierre. Il embarque à Bordeaux le 13 décembre 1869 sur le "Magellann" à destination d'Arica, port proche de Tacna, afin de m'aider à régler mes affaires avant mon départ pour l'Arizona.

Michel Artigue franc maçon

Le 25 juillet 1866) il est initié Franc Maçon dans la loge n ° 566 de Tacna "Constancia y Concordia , fondée le 15 Novembre, 1862.

Il n'est pas mentionné dans un tableau des membres de la loge daté de 1870  car il décède en fin d'année 1869 . 

Cette loge existe toujours mais a déménagé à Surquillo quartier  de Lima.

Pendant ce temps...

Durant cette vingtaine d'années de tribulations de Michel au Pérou, je faisais un commerce important au Mexique. Plus exactement à Acapulco, ou Acapulco de Juárez ville portuaire de l'État du Guerrero, au Mexique.
Cette ville est située sur le littoral bordant l'Océan pacifique, à 400 km au sud de Mexico, dans une baie profonde semi-circulaire presque fermée, dont la facilité d'accès et la sureté du mouillage permet aux  bateaux de rester le long des rochers qui bordent la côte. La ville est construite sur une bande de terre étroite (moins d'un kilomètre), entre la côte et les montagnes de la Sierra Madre del Sur qui encerclent la baie.
Acapulco possède un climat tropical doux et le plus stable du continent américain, avec une température moyenne annuelle de 28°C.
C'est là que je m'installe et, comme il est d’usage dans ce pays, je faisais commerce d'objets,  de marchandises diverses : des grains, de la mercerie, de l’épicerie, des liqueurs, même des modes venant de Paris... 
J’avais beaucoup de succès et j'ai gagné beaucoup d’argent...
A la mort de Michel, et après avoir demandé à mon neveu Pierre de régler mes affaires, je décide de m'installer à Tucson en Arizona, à la suite de migrants attirés par l'Ouest américain et ses mines d'or   Lire la suite.....