Ma vie à Tucson AZ

Le Young Club Américan

Au printemps de 1871, j'ai construit un bâtiment de deux étages sur ma  propriété à l'angle sud-est des rues Meyer et Mesilla (photo ci-dessus) sur un lot que j'avais acheté en décembre 1870.
 Le second étage  a été fait de briques (adobes), un matériau de construction très rependu à l'époque. 
Le 15 Juillet, le Club Young American (Maison de jeunes)  est ouvert dans un  "bâtiment neuf et spacieux». 
Il est rapidement devenu un lieu populaire pour les danses et les parties privées, mais, les jeunes de cette époque n'étaient point respectueux de leur environnement.
 Le 12 octobre, un grand jury m'inculpe pour nuisance publique en raison de la «condition sale, nocive et olfactive» occasionnée par le Young American Club et étendue à  d'autres bâtiments sur le bloc.
L'acte d'accusation disait que  « les diverses odeurs et les mauvaises odeurs nauséabondes étaient si  pernicieuses et malsaines... qu'elles font que l'air dans le quartier autour de celui-ci et à grande distance, était ainsi grandement rempli et imprégné d'odeurs infectes, offensives et malsaines, et de puanteurs, a été corrompu et rendu très insalubre, et a occasionné  beaucoup de dégâts et de nuisances publiques au  quartier et aux personnes qui passent le long de ladite rue ».
J'ai plaidé non coupable le 16 Octobre, et j'ai assuré la cour le 19 que j'avais corrigé le problème et j'ai demandé de changer mon plaidoyer de non-culpabilité.
La cour m'a infligé une amende de 50 $. (780€ actuels)
En Juillet 1872,  je ferme le Club Young Américan et je crée un magasin  à l'enseigne  Ed Wood & Co, Occupant ainsi  l'espace de mon l’immeuble au n° 6.


Maiden Lane, "Le quartier chaud de Tucson "

Il a été suggéré que j'aurai amassé ma fortune par mon travail comme "Madame", à savoir  tenancière du bordel local, situé sur Gay Alley....
En effet,  trois de mes lots de ville se situaient sur les coins de rues qui traversaient Maiden Lane (devenu Gay Alley) le quartier « chaud » de Tucson.
Gay Alley n’existait pas comme étant une rue. Mais durant 30 ans, les deux blocs, poussiéreux, longeant  une rue non pavée   (du nom du pionnier Mervin Gay) ont été le centre d'un quartier "hot" et animé. La plupart de ces établissements se trouvaient dans l’angle d’une étroite bande de terre au sud de l’ancien  Presidio, entre la rue de la Alegria (Congress Street) et la rue de la Calle de la Triste Inde (plus tard rebaptisée  "Maiden Lane »).
L'activité de la journée était la prostitution. Elle était légale et fonctionnait, avec 250 femmes qui y travaillaient. En 1917, la prostitution deviendra illégale.
Il n'existe aucune preuve qui puisse suggérer que j'ai pu prendre une part active dans la gestion de quelques bordels, chambres, ou saloons, qui  pourraient  avoir été exploités sur mes propriétés. J'avais  des intérêts nettement plus lucratifs, avec mes affaires: gestion d'un magasin, prêter de l'argent, prendre des hypothèques, louer des bâtiments, encaisser des revenus agricoles....
Mes propriétés de Maiden Lane ont été juste une source de revenus de location....

La culture du coton

En Octobre 1874, Stephen Bichard, un commerçant et meunier de Sanford, Arizona, a apporté un spécimen de coton de la vallée de la rivière Gila à l'éditeur de l'Arizona à Tucson Citizen.
Le journal avait récemment fait l'éloge de coton cultivées par  M. Ochoa le long de la rivière Santa Cruz. Le document faisait valoir que le coton Gila River était d'une «qualité plus fine» que celle d’Ochoa,  et comparable à celle  d' Amérique du Sud...


En fait, le producteur de la Gila River, était Mme Woffenden, c'est à dire moi-même, car, entretemps, j'avais épousé Richard Woffenden...
J'étais si satisfaite de cette plantation et de sa qualité,  que je décidais d'en planter une grande surface pour la saison à venir. Ainsi, la Gila River et la Santa Cruz vallées sont devenues aptes à la culture du coton. 
Aujourd'hui en ce début du XXIème siècle et en partie grâce à moi, 200 000 acres (soit 810 km²) sont des cultures cotonnières et cette production représente  une part importante de l'agriculture de l'Arizona. 

Ma vie sociale à Tucson

J'étais à cette époque considérée comme faisant partie des notabilités de Tucson. A ce titre, j'étais régulièrement sollicitée pour être la marraine d'enfants de notables de cette ville.

J'ai donc été la marraine de ma petite nièce Anna Sérafina, fille de mon neveu Pierre, en 1876. Par malheur, elle mourra avec sa mère Sérafine quelques jours plus tard.

J'ai été également la marraine de Maria Louise Brown. C'était la fille de Charles O. Brown venu de l'ouest. La légende dit qu'il était membre du groupe de Glanton qui scalpait des Amérindiens à Chihuahua au Mexique, groupe qui recevait  150 $ par cuir chevelu. Après que Glanton et d'autres membres du groupe aient été assassinés par des Amérindiens autour de Yuma en Arizona, Brown est allé en Californie pour revenir en Arizona vers 1858. 

Brown était un résident de Tucson. Il a obtenu le monopole de la vente de boissons alcoolisées et de jeux de hasard à Tucson par le Colonel West.
Il a rencontré sa femme dans la Vallée de Mesilla, une fille d'une bonne famille mexicaine. Ils sont retournés à Tucson pour y  résider en permanence vers 1864 ou 1865. Il a prospéré dans son activité  de saloon qui est devenu un lieu populaire pour tous les citoyens.
Vers 1867 ou 1868, il a construit le saloon du congrès à Tucson. Le salon avait des planchers en bois, le bois venant de Santa Fe. Il a été pendant des années le meilleur des saloons du sud de l'Arizona.
Bien que propriétaire d'un  saloon prospère, l'argent était dépensé aussi vite qu'il était  gagné. Il était généreux pour ses amis et il a gaspillé toute sa fortune.

J'ai été aussi la marraine d'Ana Mendibles. Son père Agapito et sa mère Lorette étaient mexicains et faisaient partie des Pionniers de Tucson. 
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